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POLITIQUES AGRICOLES
09.06.2021

La Confédération paysanne interroge les candidats aux élections régionales

09.06.2021 -
La Confédération paysanne est un syndicat agricole engagé pour la défense d’une agriculture viable plus respectueuse des hommes et de la nature, pourvoyeuse de produits de qualité et ouverte au dialogue avec les citoyens et les collectivités, acteurs majeurs de la vie des territoires. Les élections régionalesapprochant, nous avons sollicité les candidats de l'Indre sur les listes régionales pour connaître leurs positions sur des sujets d’importance à nos yeux pour le monde agricole mais aussi plus largement pour les citoyens et citoyennes du territoire. Voici leurs réponses :

 

 

Liste de Charles Fournier, Un Nouveau Souffle

Réponse au courrier de la confédération paysanne de l'Indre

 

  • 1/ Quelle est votre position sur la renégociation de la PAC* 2023 et sur les derniers arbitrages concernant l'écriture du futur Plan Stratégique National :


Nous voulons répondre demain à la fois à une alimentation saine pour tous et approvisionner la restauration collective en produits locaux et bio. Mais aussi répondre aux enjeux environnementaux et climatiques. Pour cela, il faut au contraire renforcer les soutiens aux aides bio et aux mesures agroenvironnementales. Il faut accompagner les exploitations vers des changements de pratique, qui, à moyen terme, les amèneront vers des conversions en agriculture biologique. C'est pourquoi nous sommes opposés à ce que soit mis au même niveau les aides HVE3 et les aides Bio. Il ne peut pas y avoir la même reconnaissance envers une agriculture qui continue d'utiliser des pesticides et une agriculture qui y a renoncé.Les aides environnementales doivent être conditionnées dans des engagements vers des changements de pratique durables et réels.


Il faut conditionner les aides PAC* pour qu'elles répondent à ces enjeux et qu'elles favorisent non pas l'agrandissement, mais au contraire, les petites et moyennes exploitations qui répondent à ces enjeux, mais aussi sont vectrices de main d'oeuvre et donc d'emploi. Nous sommes donc aussi favorables aux plafonnements des aides, sans lesquels la course à l'agrandissement est perpétuelle. D'autre part, nous sommes attentifs à ce que l'État ne reprenne pas en main la gestion de l'ensemble des fonds de la PAC*, qui restent pour les régions un levier d'action pour le développement agricole et rural. Ce combat de lobby est à mener avec les autres régions.


Quelles orientations favoriserez-vous dans la déclinaison régionale de ce PSN :
Une de nos mesures phares est de créer un Cap Bio : pour une alimentation de qualité et un environnement préservé. Pour développer la transformation de la production locale et les circuits courts. Pour faire des cantines des lycées les premiers débouchés avec 50% de bio, local et de saison. Nous souhaitons également une Plan d'Alimentation Territorial sur tous les territoires de la région. Pour cela, il faudra soutenir aussi l'ingénierie indispensable pour organiser la mise en place de ces mesures avec tous les acteurs locaux concernés.


Nos mesures notées parmis les 100 premières de notre programme :
Développer l'agriculture biologique.Faire des CAP Filières (Contrats d'Appui aux Projets) des outils de la transition agro-écologique, créer un CAP Bio pour aider l'agroécologie et les conversions bio (notamment grandes cultures) et promouvoir le label français Bio Équitable. Bonifier largement les aides à l'installation (DJA*) pour la bio et particulièrement pour les formes coopératives. Prévoir les crédits suffisants pour pérenniser à la fois les aides à la conversion et les aides au maintien en agriculture biologique, tout en revendiquant que cette compétence demeure régionale dans la nouvelle mouture de la PAC*.


Aider à la structuration de la filière des protéagineux afin d'augmenter l'autonomie alimentaire du cheptel animal et d'assumer 100% d'autonomie pour l'alimentation humaine en protéines végétales. Soutenir les éleveurs.euses qui travaillent sur les prairies permanentes.


Expérimenter des formes de sécurité sociale alimentaire pour apporter une réponse d'urgence aux 10 000 jeunes en précarité alimentaire de notre région. Soutenir des dynamiques collaboratives (universités / Missions locales / AMAP / Magasins bio, …) pour une alimentation de qualité et locale

Couvrir l'ensemble du territoire régional avec des Projets Alimentaires de Territoire (PAT) au cours des deux premières années du mandat. Conforter leur modèle et leur animation régionale et créer un pôle régional d'animation et d'ingénierie des PAT.


Développer l'alimentation bio à la cantine en créant un « guide d'achat » pour les acheteurs publics. Valoriser les produits issus de circuits courts, locaux et à faible coût environnemental. Cofinancer le label Territoire Bio Engagé visant 20% de bio et 7% de la surface des terres agricoles.

Encourager l'émergence de légumeries et d'outils de transformation (CAP Transformation). Le maintien des abattoirs et la création d'abattoirs mobiles seront encouragés pour relocaliser les échanges et ramener la valeur ajoutée au plus près de la production et des territoires.

 

  • 2/ Quelle propositions faites-vous pour préserver le foncier agricole de l'artificialisation et de l'accaparemment ?


Les énergies renouvelables, que ce soit le bois énergie, le photovoltaïque, la méthanisation, l'éolien...sont incontournables pour répondre demain à une production d 'électricité plus écologique, et sortir du nucléaire.


Mais cela ne peut pas se faire n'importe comment, n'importe où et à n'importe quel prix. Les projets doivent être avant tout coopératifs et citoyens et non pas à des buts purement spéculatifs de grosses sociétés. Ils doivent également s'intégrer dans le paysage, et ne pas nuire à la biodiversité. Les terres agricoles doivent être orientées dans leur fonction nourricière. Le métier de paysan, c'est avant tout de nourrir les citoyens. De les nourrir sainement, de préserver l'environnement et de garantir le bienêtre animal. Nombreux sont ceux qui répondent à cela et que nous devons donc encourager et soutenir. Nous nous sommes donc aussi attachés dans nos mesures à soutenir des activités économiques locales et durables, à préserver les services de proximité, à lutter contre la désertification en investissant pour la jeunesse et dans la formation, à lutter contre la précarité...parce qu'il faut aussi garantir à tous une alimentation bio et locale. Cela passe par un prix rémunérateur pour le producteur mais également par la capacité à tout citoyen de pouvoir y accéder.


Ce n'est donc pas le photovoltaïque au sol qui doit garantir un revenu au paysan, mais sa production agricole. Nous nous opposons aux projets de centrales photovoltaïques annoncés dans le département qui utilisent des terres agricoles et privent ainsi des projets d'installation et de productions nécessaires à court terme pour répondre aux besoins d'une alimentation saine et de proximité. Tout comme nous nous opposons aux projets de méthanisation, quand ceux-ci nécessitent de produire des cultures uniquement dédiées à les approvisionner. Mais aussi, nous ne sommes pas favorables à l'exploitation du bois énergie, si celle-ci ne s'intègre pas dans une dynamique locale avec une gestion durable des haies.


Sur la question d'un Etablissement Public Foncier Régional, nous avons renoncé à cette proposition pour ce mandat car il existe déjà des établissements publics foncier locaux dans certains départements. La juxtaposition d'outils de ce type est compliquée. Nous avons raté le coche sur ce point il y a quelques années du au fait que le Parti Socialiste n'a pas souhaité créer un nouvel impôt spécifique. Nous le regrettons. Nous pensons donc travailler encore plus, si nous sommes élus, avec le réseau Terre de Liens pour renforcer ses moyens. Un partenariat plus fort avec les EPFL sera nécessaire, bien que piloté par des départements qui ne portent pas toujours les mêmes priorités en matière agricole.

 

  • 3/ Quelles sont vos propositions pour renouveler les générations agricoles et favoriser les transmissions et les installations sur le territoire ?


Nous devons agir en premier lieu sur la formation des jeunes et donc garder la présidence du conseil d'administration du lycée agricole pour accompagner ses orientations, mais aussi pour rester à l'écoute des enseignants et faire remonter les difficultés qu'ils rencontrent avec les financements du ministère en baisse.


Ensuite, il faut une politique foncière ambitieuse en travaillant avec la SAFER et Terre de Liens pour créer une réserve foncière permettant ainsi de stocker plus longtemps le foncier qui se libère et laisser du temps aux repreneurs de monter un projet viable et vivable. Il faut également favoriser les installations collectives en soutenant plus fortement les organismes qui travaillent sur les installations et qui sensibilisent à l'agriculture paysanne (ARDEAR en particulier).


Il faut également renforcer les aides à l'installation sur du matériel d'occasion et favoriser les CUMA. Il faut également orienter les Cap filières en soutenant massivement et prioritairement les projets bio. Nous pensons enfin que les PAT, même s'ils restent d'abord des démarches de « stratégies et de plans d'actions » sont intéressants pour aborder la question du renouvellement agricole par le biais de la relocalisation de l'alimentation. Des élus locaux peuvent ainsi prendre conscience du problème très  concret des départs en retraites et des difficultés à remplacer les actifs agricoles, surtout sur les mêmes
modèles.


Nos mesures notées parmis les 100 premières de notre programme :
Ouvrir l'accès au métier d'agriculteur. trice, amplifier le soutien régional aux espaces tests et aux initiatives innovantes d'installation, notamment des jeunes, renforcer les dispositifs d'aide à la transmission des petites fermes pour éviter la disparition de fermes au moment des départs en retraite.

Financer un outil dédié au foncier agricole et renforcer le schéma régional d'aménagement (zéro artificialisation nette, Région à biodiversité positive…). Soutenir Terres de Lien (achat de terres agricoles pour les retirer de la spéculation et les louer à des agriculteurs.trices. Nouer un partenariat exigeant avec la Safer* pour mieux garantir l'accès aux terres pour des installations paysannes. Accompagner l'acquisition de fermes…

 

  • 4/ Quelles sont vos propositions pour la gestion quantitative et qualitative de l'eau ?


Tout d'abord nous sommes opposés aux bassines de grandes tailles et à une irrigation massive, en particulier sur des cultures qui ne sont pas destinées à l'alimentation. Nous ne sommes pas contre les petits bassins de rétention d'eau des maraîchers par ex, même si nous pensons que l'argent public doit servir à trouver des solutions structurelles au dérèglement climatique en accompagnant les agriculteurs vers des cultures adaptées aux sécheresses (sorgho, millet, etc) et que les retenues d'eau ne sont pas une solution de long terme


Nos mesures notées parmis les 100 premières de notre programme :
Pour protéger l'eau potable, mettre en place un plan régional d'aide à la conversion en agriculture biologique dans les zones de captage d'eau.

Généraliser les contrats de rivière à toute la région en doublant le budget alloué au programme précédent : renaturation des cours d'eau, restauration des zones humides, suppression ou transformation des retenues actuelles…

Réaménager des espaces de promenades aux bords des rivières et zones humides, des zones de baignades surveillées… dans le respect des espaces naturels (protection des sites, éducation à l'environnement).

Jérémie Godet, tête de liste « Un Nouveau Souffle » pour la section de l'Indre
Stéphanie Chaput, candidate N°2 « Un Nouveau Souffle », pour la section de l'Indre

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Liste de Férida Megdoud, Lutte Ouvrière

  • Quelle est votre position sur la renégociation de la PAC* 2023 et notamment sur les derniers arbitrages concernant l'écriture du futur Plan Stratégique National ? Quelles orientations favoriserez-vous dans la déclinaison régionale de ce PSN ?

La PAC* n'a jamais été une politique de soutien aux agriculteurs, mais un instrument d'intégration de l'agriculture française dans le capitalisme mondial. Sous ses différentes formes, la PAC* a favorisé la productivité, facilité la pénétration des groupes capitalistes dans le secteur, régulé la production dans le cadre du marché capitaliste, et au profit des plus gros exploitants ou propriétaires. Entre 1950 et 2000, par exemple, la PAC* a organisé la disparition de 20 millions d'emplois agricoles en Europe. En France, il y avait 2,3 millions d'exploitations en 1955, elles sont tombées à 450 000 en 2014. Alors qu'i y avait 6,3 millions d'emplois en 1955, ils sont tombés à 854 000 en 2014. Et cela, avec la complicité et le soutien du principal syndicat agricole, la FNSEA*. Vous le savez bien.

Les axes prioritaires définis par le PSN sont flous et non chiffrés. Ils n'engagent à rien, sinon qu'à poursuivre la politique d'intégration au marché mondial. La PAC* est un instrument de soutien aux capitalistes du secteur. Les élections n'y changeront fondamentalement rien. On ne demande pas du lait à un bouc…

  • Quelles propositions faites-vous pour préserver le foncier agricole de l'artificialisation et de l'accaparement ?

Le foncier agricole est soumis comme le reste aux lois du marché capitaliste. Agriculteurs ou non, ceux qui ont les banques à leurs côtés, voir les banques elles-mêmes (Crédit Agricole et autres), peuvent mettre la main sur les terres, en fonction des profits qu'ils pensent pouvoir en tirer. Pour que le foncier soit géré en fonction des besoins, il faut supprimer la propriété privée de la terre et en planifier la gestion, sous le contrôle de ceux qui vivent de leur travail, dans les champs comme dans les villes.

  • Quelles sont vos propositions pour renouveler les générations agricoles et favoriser les transmissions et les installations sur le territoire ?

Les transmissions et les installations de nouvelles générations sont entravées par la réduction du nombre d'exploitations et d'emplois agricoles et leur concentration entre les mains de quelques-uns. Cela ne cessera pas, tant qu'on n'en finira pas avec le système économique capitaliste.

Les circuits courts des producteurs ne peuvent que rester marginaux et locaux. Ils ne peuvent satisfaire qu'une minorité de consommateurs et ne peuvent assurer l'alimentation de l'ensemble des territoires. Par contre, les chaînes de distribution ont des moyens autrement plus puissants que les producteurs agricoles et elles sont capables de mettre en place des circuits courts. Leur défaut fondamental, c'est qu'elles sont concentrées entre les mains de bourgeois qui n'ont pour seuls objectifs que d'imposer leurs intérêts et assurer leurs marges. C'est ce caractère privé qui est nuisible, aussi bien aux producteurs agricoles qu'aux consommateurs. C'est cette domination économique et politique qu'il faut briser et remplacer, pour que la collectivité des producteurs et des consommateurs puissent vivre de leur travail.

  • Quelles sont vos propositions pour la gestion quantitative et qualitative de l'eau ?

Nous sommes bien d'accord qu'il faut gérer la ressource en eau de façon collective. Mais l'eau, comme la terre, est soumise aux lois du marché dans le système économique actuel. C'est une marchandise qu'on vend et qu'on achète sur un marché dominé par les groupes capitalistes.

Inutile d'espérer pouvoir gérer, organiser, distribuer et répartir cette ressource, en fonction des besoins de la population, sans briser le pouvoir des groupes capitalistes qui ne cherchent que le profit et qui font la pluie et le beau temps… Inutile non plus d'espérer un soutien de l'Etat qui ne défend que les gros du secteur et aggrave l'écart entre les gros et les petits.

Ce ne sont pas les élections qui mettront un terme aux méfaits du capitalisme. Mais elles permettent de faire entendre la voix de travailleurs qui ne se laissent pas abuser par les promesses de tous ces politiques annonçant que tout ira mieux demain. La voix de ceux qui ne se laissent pas abuser par tous ces démagogues qui camouflent leur soutien aux capitalistes à coup de fermetures de frontières et de taxes sur les importations qui ne rendent pas la vie plus facile aux travailleurs de la campagne ou de la ville. Les élections permettent de faire connaître les idées communistes révolutionnaires que nous défendons.

 

 Liste "Plus Fort Ensemble" portée par François Bonneau

 

Messieurs,

En réponse à votre interpellation sur nos positions concernant plusieurs sujets d'importance en matière d'agriculture, de développement rural et d'aménagement durable, nous vous exposons ici plusieurs orientations majeures qui guideront nos interventions à la tête du Conseil Régional, si nous sommes réélus.

Globalement, nous partageons les mêmes perspectives en matière de politique agricole. Notre équipe à la tête de la Région a apporté un soutien constant :

-          au développement de l'agriculture biologique régional (soutien à l'installation, la conversion et le maintien en Bio, dispositif de sécurisation de la période de conversion),

-          au développement des circuits-courts (aide à des initiatives comme « Cagette et Fourchette » dans l'Indre-plateforme de distribution de produits locaux pour la restauration- ; financement d'équipement permettant de transformer et valoriser les productions agricoles en région –légumeries, abattoirs…),

-          à la protection contre les aléas climatiques et à l'anticipation des évolutions climatiques (dispositif de lutte anti-grêle, tours antigel, recherche-action sur l'adaptation au changement climatique…),

-          à l'alimentation des cantines des lycées par des productions alimentaires de proximité,

-          au développement de projets d'énergies renouvelables citoyens, en concertation avec les habitants,

-          à la maitrise et la transmission du foncier agricole (soutien à des acteurs comme Terre de Liens Centre ou la CIAP – Coopérative d'Installation en Agriculture Paysanne.

Pour la prochaine mandature, si nous sommes élus, nous accoiserons nos efforts en faveur d'une transition agro-environnementale, du développement des circuits-courts et de la valorisation des productions par leur transformation en région.

Parmi les mesures de mon programme, figurent notamment :

-          L'objectif de 100 % d'approvisionnement local dans les cantines de nos lycées pour les productions existantes en Région et la diminution par 3 des déchets alimentaires.

-          La multiplication par 4 des surfaces consacrées au bio, l'accélération de l'agroforesterie et la réimplantation des haies.

-          La création d'une aide à l'installation des jardins partagés et de fermes périurbaines, de légumeries…

-          Le soutien aux filières régionales dans leurs démarches de diversification, de qualité et de circuits-courts.

-          Le renforcement de l'attractivité auprès des jeunes pour faciliter l'installation et la transmission. Plus de 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix prochaines années. Il faut favoriser les nouvelles installations, et non agrandissements comme tend à le faire la PAC* actuelle.

Plus précisément, nous tenons à vous apporter quelques éléments sur plusieurs de vos interpellations et revendications :

A propos de la renégociation de la PAC* 2023, et notamment l'écriture du PSN (et la place du bio et des MAEC) : La Région a œuvré pour que les MAEC et le bio restent de la responsabilité régionale. Le 1er Ministre a arbitré différemment. Depuis lors, les Régions ont obtenu que les MAEC restent pilotées dans une gouvernance Etat–Régions afin de conserver une approche forte liée aux enjeux territoriaux des MAEC. La Région a également porté la priorité à conserver à l'agriculture biologique dans la future PAC*, 1er et 2ème pilier.

En ce qui concerne la déclinaison régionale du FEADER, pour notre équipe, la priorité absolue sera au renouvellement des générations avec la DJA* et d'autres leviers autour de la DJA*. Les autres aides agricoles seront orientées autour des priorités de la transition écologique et du changement climatique (avec la notion de risque), que ce soit pour les investissements, l'innovation ou le transfert de connaissances. Enfin, la relocalisation de l'alimentation dans les démarches de projets alimentaires territoriaux sera une priorité du volet agricole et transformation des produits agricoles.

Le programme Leader* restera un élément fort du prochain FEADER avec un maintien de l'effort budgétaire qui était en place sur 2014-2020.

En ce qui concerne la préservation du foncier agricole de l'artificialisation et de l'accaparement, le rythme de consommation des terres doit être impérativement maîtrisé et abaissé, comme les objectifs du SRADDET y invitent l'ensemble des acteurs régionaux. Il faut préserver les terres agricoles et forestières, et par rebond les capacités de production alimentaire et de captation du carbone, ainsi que les continuités écologiques et paysagères. La sobriété foncière doit devenir la norme, en proposant des alternatives à l'étalement urbain et l'artificialisation, et des accompagnements à destination des collectivités territoriales. La protection des « ceintures vertes » autour des villes et le soutien à l'agriculture périurbaine est une des voies pour préserver les espaces naturels et agricoles. Le Conseil Régional soutient et continuera à soutenir les acteurs qui œuvrent pour faciliter l'accès au foncier agricole pour de nouvelles installations paysannes, comme l'association Terres de Liens. La Région peut également agir par le soutien aux collectivités mettant en place des ZAP (Zone d'Agriculture Protégée) dans leur document d'urbanisme, ou mettant en location des terres et locaux à destination d'agriculteurs.

En ce qui concerne le développement des énergies renouvelables, il convient de rappeler que la Région n'a pas compétence sur l'éolien et le photovoltaïque (ces projets sont soutenus par le tarif de rachat de l'électricité), et n'est pas associée aux différents projets, qui sont instruits et suivis par la DREAL*. Nous regrettons l'absence de consultation locale et le déploiement sauvage et non planifié de certaines énergies renouvelables qui s'en suit, sources de nombreuses contestations et nous nous engageons à imposer une concertation en amont du développement des projets d'EnR comme condition préalable au soutien de la Région. De plus, nous nous engageons à soutenir prioritairement les projets d'EnR citoyennes, portés localement par des collectifs d'habitants et des collectivités locales et adaptés aux réalités de chaque territoire.

En ce qui concerne les transmissions et le renouvellement des générations en agriculture, le FEADER 2023/2027 sera massivement dédié au renouvellement : DJA* ambitieuse, accompagnement des cédants. L'autre levier pour assurer l'installation de jeunes agriculteurs est celui de la formation, c'est pourquoi la Région soutient et continuera de soutenir le développement d'une large offre de formation agricoles sur le territoire régional/

Au-delà des outils « généralistes », la Région continuera à accompagner les initiatives innovantes qui permettent toutes les formes d'installation. Il en est ainsi du soutien à la Coopérative d'installation en agriculture paysanne (CIAP Centre-Val de Loire), qui est un outil à la pré-installation agricole. Le stage paysan créatif financé à 100% par la Région et le FEADER à son lancement illustre les initiatives innovantes et inspirantes qui resteront accompagnées par la Région. Autre exemple, l'opération « CAP main d'œuvre » (dans le cadre des CAP filières bovin lait et caprin) qui vise la mise en place d'une pépinière de salariés et futurs salariés d'élevage laitier (chaque année, une quinzaine de stagiaires compose la pépinière). La synergie entre des outils de protection du foncier, d'accompagnement des cédants, de formation et d'accompagnement des futurs installés sera amplifiée dans une approche globale du renouvellement.

En ce qui concerne la gestion quantitative et qualitative de l'eau, nous croyons à une gestion collective qui permette d'anticiper et de prévenir de futurs conflits d'usages. Pour cela, nous comptons mobiliser la recherche, soutenir les expérimentations en termes de choix et pratiques culturales permettant de faire face aux épisodes climatiques accentués comme les sécheresses, et assurer une diffusion des résultats et bonnes pratiques en la matière. Nous comptons également prolonger nos partenariats avec les associations de protection de l'environnement concernant la connaissance et le suivi des milieux aquatiques.

Concernant vos propositions régionales pour les élections régionales, elles sont déjà en grande partie traduites dans les politiques actuelles de la Région et portés par les élus de la majorité (par exemple, en matière d'installation-transmission, de non-concurrence entre production agricole à vocation alimentaire et à vocation énergétique). Nous partageons également vos positions sur la transition agro-écologique et la différenciation entre le cahier des charges de la Bio et le label HVE* (comme le rappelle la note de l'Office français de la biodiversité sortie récemment dans la presse). Et nous soutenons déjà, et continuerons à le faire, des associations développant des initiatives locales en faveur de l'agriculture paysanne, et qui portent une dynamique d'installation en agriculture et une approche multifonctionnelle de l'agriculture.

Vous pouvez compter sur notre soutien.

 Je vous prie de croire, Messieurs, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

NOUS CONTACTER Confédération paysanne de l'Indre
02 54 61 62 40 - confpays36@gmail.com