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POLITIQUES AGRICOLES
11.06.2021

La Confédération paysanne interroge les candidats aux départementales

11.06.2021 -
La Confédération paysanne est un syndicat agricole engagé pour la défense d’une agriculture viable plus respectueuse des hommes et de la nature, pourvoyeuse de produits de qualité et ouverte au dialogue avec les citoyens et les collectivités, acteurs majeurs de la vie des territoires. Les élections départementales approchant, nous avons sollicité les candidats de l'Indre des différents cantons pour connaître leurs positions sur des sujets d’importance à nos yeux pour le monde agricole mais aussi plus largement pour les citoyens et citoyennes du territoire. Voici leurs réponses :

 

L'Equipe solidaire, Le Blanc

Le Blanc, le 10 juin 2021

Bonjour, cher.e.s collègues et ami.e.s

Comme vous le savez, notre candidature pour les élections départementales est issu d'une démarche citoyenne regroupant des personnes d'origines variées, toutes engagées sur le territoire, dans une démarche humaniste et écologiste. Les préoccupations qui sont les vôtres sont donc en très grande partie partagées par le groupe. Cela d'autant plus que plusieurs paysans syndiqués à la confédération paysanne ont participé à notre réflexion.

Sur l'accaparement des terres pour les projets de photovoltaïque, nous pensons que la charte départementale doit être respecté : pas de projets photovoltaïques sur terre agricoles tant que l'inventaire disponible n'a pas été fait. Nous pensons même que cette charte doit aller plus loin et obliger à installer des photovoltaïques partout où c'est possible ailleurs (sur terre déjà artificialisée ou inculte) avant d'en mettre sur terre agricole. Nous proposons par ailleurs que le conseil départemental soit exemplaire pour mettre des panneaux photovoltaïques sur ses propres bâtiments.

Sur le renouvellement des générations agricoles. L'agriculture ne fait plus partie en tant que tel des missions du département, cela est maintenant pleinement du ressort de la région. Nos actions en la matière seront forcément plus modeste, mais il y a moyen d'agir indirectement : en jouant son rôle à la safer, en cdpenaf et autres commissions de concertation pour favoriser le maintien de terre agricole à destination de ferme de taille modeste ou moyenne, contre l'accaparement des terres.

Le conseil départemental a également la possibilités de préempter pour acquérir du foncier à forte valeur environnemental : pour favoriser la biodiversité ou protéger la ressource en eau. L'idée ici serait d'acquérir ce foncier et le mettre à disposition d'agriculteur avec un bail environnemental, contre une rémunération modeste.

Sur la ressource en eau, nous pensons bien évidemment qu'elle doit être partagée. En ce qui concerne ses usages agricoles, l'accès à l'eau doit être prioritairement accordé aux productions consommées par les hommes et sur des surfaces modestes, en particulier le maraîchage.

Sur l'approvisionnement en produits locaux de la restauration collective des établissements sous la responsabilité du conseil départemental (collège et Ehpad), il y a énormément de progrès à faire. Pour augmenter de façon très significative la part des produits locaux et/ou bio, des objectifs chiffrés devront être donner à chaque établissement. Les cuisiniers devront également être formés. Les structures intermédiaires (tel cagette et fourchette) seront également aidé directement.

Nous restons à votre disposition pour plus d'informations

Cordialement

Pour l'équipe solidaire,

Sylvie Perchez, Laurent Moreau, Katell Vidy et Jean-François Coulon

 

Alternative Citoyenne, Neuvy Saint Sepulchre

Les candidat·e·s issu·e·s du collectif "Alternative Citoyenne" de Neuvy sont très sensibilisés·es aux thèmes que vous soulignez dans votre lettre de questionnement.
Nous abordons ces 4 points dans les documents (profession de foi et livret programme) que nous avons distribués aux électrices et électeurs du canton de Neuvy-Saint-Sépulchre. Nous abondons très largement dans le sens de vos préoccupations indiquées dans votre communication.
Depuis 6 ans notre collectif s'est à maintes fois exprimé sur ces sujets et nous avons soutenu plusieurs actions de votre syndicat.

Je vous joins les documents que nous avons envoyés aux électeurs et électrices de notre canton.
Si vous souhaitez des éléments complémentaires nous sommes disponibles pour les évoquer ou vous préciser certains points.

Bien cordialement

Pour les candidates et candidats "Alternative citoyenne" du canton de Neuvy-Saint-Sépulchre

Dominique Viard

 

Jean Michel Roualdes, Ardentes

Bonjour à toutes et tous 

Je vous remercie pour ce message et l'action que vous conduisait avec acharnement depuis tant d'années pour la défense d'une autre vision de l'agriculture et du monde paysan.

Je ne suis pas un expert du mode agricole, comme beaucoup issu de ce milieu par des origines lointaines; mes souvenirs sont ceux de l'enfance, des campagnes aveyronnaises du causse du Larzac, aux prairies d'élevage du nord Aveyron.

Rentré dans les élections départementales par le biais des initiatives citoyenne d'EELV, je ne suis pas encarté mais animé par des convictions et l'envie d'essayer  de faire pour ne pas avoir un jour le regret du "j'aurai dû".

Je défend et défendrai l'idée:

- D'une agriculture qui nourrit et pas qui produit pour produire, que le modèle économique de cette agriculture est viable et offre à ses paysans les moyens de vivre mieux, tout en protégeant leur santé et la notre. On ne peux  plus dire qu'il y a la place pour deux modèles agricoles (nous n'avons plus le temps). Même si le chemin est long, les enjeux et les lobbys puissants. Je ne pense pas qu'il faille ratifier la nouvelle PAC* défendu par la FNSEA*.

- Le Département de l'Indre est désengagé, si j'ai bien compris des questions agricoles, certes certains de ses compétences peuvent bien entendu s'y associer (l'alimentation, la santé). Je reste persuadé que le département acteur local au plus prés des habitants, se doit ,à nouveau, de s'impliquer pour son agriculture. Le département a un rôle à jour pour accompagner, compléter et/ou s'opposer aux décisions issues de la compétence de la Région.

Soutenir les associations qui travaillent sur la transition , la transmission des exploitations et l'installation de nouveaux agriculteurs (ADREARI par exemple qui ne reçoit à ma connaissance aucun appui ou soutien du département de l'Indre). S'engager dans les démarches qui fonctionnent et font leurs preuves comme par exemple AGRILOCAL lancé en 2015 dans la Drôme, qui regroupe producteurs et consommateurs locaux et offre des outils pour une vraie alternative. ALTERNATIVA dans le Pays Basque et tant d'autres que je ne connais pas.

Orienter les structures professionnelles qui gèrent le foncier agricole (SAFER, ...) pour lutter contre le regroupement et l'extension des exploitations faute de repreneurs. Travailler à un nouveau modèle pour permettre l'installation de nouveaux exploitants notamment en élevage. Nous savons en effet que l'investissement de base est lourd pour la reprise d'un cheptel et du foncier qui l'accompagne. J'imagine sans connaître les solutions de sa réalisation, les experts sont là pour y travailler, l'idée d'un démembrement non pas de la propriété mais de l'exploitation; mutualiser les espaces agricoles, le foncier et permettre le développement de plusieurs activités et petites exploitations (élevage - maraichage ....).

Innover et s'engager dans de nouveaux modes d'exploitation comme par exemple l'agroforesterie (la Foret de HIGAS dans les landes) , l'aquaponie, ou encore la démarche conduite par TERRA HOMINIS sur la Transition- Transmission des vignobles. Devenir un territoire d'expérimentation , un laboratoire, se distinguer et agir pour attirer et se démarquer.

- Revoir le modèle de notre agriculture c'est possible et souhaitable à l'échelon départemental, il dispose de leviers pour le développement de filières. Avec la restauration collective le Département est un prescripteur important il commande beaucoup pour ces collèges et les maisons de santé (EHPAH ou autres), adossé aux commandes de la région pour les Lycées et des communes pour les écoles primaires, le potentiel d'achat et donc de production est important pour alimenter la filière et garantir des installations en production, saine, bio et de proximité; voire même en transformation. Pour cela il faudrait un service dédié au sein du département pour piloter et coordonner interfaces, actions et filières.

Soutenir les démarches de tiers lieux ou lieux partagés dans nos communes rurales pour recréer du lien social et de l'économie locale pour les habitants et les producteurs locaux.

- Engager un nouveau modèle agricole, c'est agir directement pour le biodiversité et pour le bien être animal.

- Concernant l'Eau, il faut plus que jamais protéger cette ressource qui est un bien essentiel pour l'homme. Protéger les zones humides et s'opposer au projets qui artificialisent les sols. Agir avec l'arme de la préemption et/ou celle des recours juridiques. Faire respecter la loi sur l'eau et attaquer les projets de bassines et réservoirs qui viennent casser le cycle de l'eau et mettre encore plus sou tension les nappes.

Protéger c'est aussi agir sur la qualité de l'eau, le canton d'Ardentes est à ce titre un bel exemple, avec une qualité de l'eau dégradée dans certaines communes du fait de l'impact environnemental des Pesticides ou Herbicides (Métazachlore). Il faut aller vers un territoire sans nitrates et pesticides, définir des zone de protection des captages et accompagner les agriculteurs qui inter agissent dans ces zones, pour aller vers un modèle de protection.

Je ne suis pas un naïf ou un doux rêveur.

Je sais que le chemin est long compliqué et difficile; je sais que le département de l'Indre part de loin, à cause de son immobilisme et de la puissance de certains lobbys.

Mais je sais aussi qu'il y a des gens, des groupes, des collectifs qui croient et se battent pour une autre vision de l'agriculture. Vous en êtes souvent le fer de lance. Mais cela ne suffit pas, il faut je crois, s'engager dans les instances, être présent, démultiplier les forces même sans être expert ou sachant. S'approcher des leviers qui facilitent l'action.

Je constate sur le terrain un fort dés intérêt, voire des engagement d'une majorité de nos concitoyens; lassitude de la période que nous venons de traverser, confiance dans les élus et méconnaissance des enjeux et compétences. Il faut mobiliser pour voter si nous voulons avoir une chance de peser sur les enjeux.

Je perçois pour l'Indre un danger, que je nomme la "METROPOLISATION" du département, Châteauroux place ses représentants dans une majorité de cantons. Pourquoi et dans quel But ? faire de l'Indre, Châteauroux Métropole 36 et ainsi détenir tous les pouvoirs sur le territoire au profit de la ville capitale! dans tous les cas cette approche ne peut que nuire aux communes et zones rurales et à la vision d'une agriculture paysanne.

Je n'aurai qu'une demande à vous faire, mobiliser vos réseaux, vos amis, vos soutiens pour appeler à voter bien évidemment et prioritairement dans les cantons ou une candidature porte les idées et les enjeux issus de la démarche des initiatives citoyennes et des forces de gauche.

Jouer cette semaine la carte du POT à POT (un copain qui parle à un copain....) pour mobiliser le plus largement possible, Nous en aurons besoin.

Je reste à votre disposition 

Bien cordialement et amicalement

Jean Michel ROUALDES

 

Majorité départementale, Tous cantons confondus

 

Messieurs,
Vous nous avez adressé un mail dans lequel vous attirez notre attention sur vos
préoccupations en matière d'enjeux agricoles sur le département de l'Indre.
Vous trouverez ci-dessous nos réponses à chacune des questions que vous soulevez.

l - Propositions pour préserver le foncier agricole de l'artificialisation et de l'accaparement

Larrivée de centrales photovoltaïques sur le territoire rejoint le combat que nous menons pour l implantation des éoliennes. Si le déploiement des énergies renouvelables est louable et impératif pour l'avenir (l'Indre a été un département pilote en matière d'énergies douces!), il convient néanmoins d'encadrer les projets qui, une fois réalisés, feront partie intégrante de notre territoire, de notre paysage.
De plus, nous pensons que les terres agricoles ne sont pas des variables d'ajustement ! Pour nous, tout projet devrait passer par la consultation. Maires, Présidents de communautés de communes, Conseillers départementaux devraient être saisis et associés dans la faisabilité ou non d'un projet comme les centrales photovoltaïques. Depuis 2 ans, nous nous battons pour que l'État modifie les règles d'implantation et obligent au consensus. Nous poursuivrons de manière prioritaire ce combat.

2 - Propositions pour renouveler les générations agricoles et favoriser les transmissions et les installations sur le territoire

Depuis le 1er janvier 2016, les Départements ne peuvent plus apporter leur soutien financier aux organismes agricoles, cette compétence ayant été donnée à la Région.
Malgré tout, nous apportons notre soutien aux actions locales sur les thèmes de la transmission et de l'installation (Chambre d'Agriculture), aux manifestations agricoles (Terr'Agri par exemple), à la mise en valeur de nos produits locaux (Drive Fermier).
Avec l'Agence d'Attractivité de l'Indre, nous avons participé au Salon de l'Agriculture à Paris en 2020 pour la première fois. Cet engagement pour valoriser nos agriculteurs, producteurs, éleveurs, viticulteurs et pisciculteurs sera renouvelé. Ces savoir-faire participent évidemment et indéniablement à l'attractivité de l'Indre et à notre cadre de vie privilégié.
Si nous ne pouvons aider financièrement les transmissions et installations, nous pouvons néanmoins participer à l'activité en développant les circuits de proximité pour la restauration scolaire notamment dans les collèges. Nous développerons ce point dans notre réponse à votre dernière question.

3- Gestion quantitative et qualitative de l'eau
La compétence "Eau potable" est une compétence communale et intercommunale.
L'intercommunalité a ici tout son sens, car, outre la mutualisation des moyens et des usagers( zones denses /non denses) pour équilibrer les comptes, elle permet également la mutualisation de l'eau par interconnexion, pour plus de sécurité, et par mélange, pour plus de qualité.
Historiquement, les Départements apportaient un soutien financier, mais l'usager devant financer le service, beaucoup de Départements se retirent assez  logiquement ; ainsi, les Départements 37 et 45 n'ont plus de fonds spécifiques sur ce thème ; le 4l aide quant à lui avec un plafond de 50 000 .
L'Indre fait partie des Départements ayant conservé un fonds spécifique, considérant la difficulté et le cas spécifique des zones rurales à faible densité d'usagers, avec un taux de subvention important de 25 à 35 % pour la création et la réhabilitation de forages, les ouvrages de stockage, les stations de traitement, les interconnexions, la télésurveillance... et à guichet ouvert en 202l!

Plus, pour aider les syndicats d'Alimentation en Eau Potable, le Département vient de relancer en 2021 un schéma prospectif sur ce sujet en collaboration avec tous les responsables communaux d'AEP. L'objectif de ce schéma, non prescriptif, est de proposer unesécurisation qualitative et quantitative de la ressource en eau pour tous les services d'eau du département/ en intégrant à la réflexion le changement climatique et révolution de la gouvernance avec le transfert de la compétence « eau » aux Communautés de Communes en 2026 cahier des charges de cette étude sera finalisé cet été/ pour lancer la consultation à l'automne et retenir le bureau d'étude avant la fin de l'année. Au début de l'année 2022, le prestataire débutera sa mission par la réalisation de l'état des lieux pour chaque service d'eau afin de pouvoir ensuite faire des preconisations. La révision de ce schéma se fera en associant les différents acteurs de l'eau : collectivités gestionnaires d'un service d'eau, Agence de l'Eau, ARS, DDT. Le schéma pourrait être adopté avant fin 2023.

4 - Propositions concernant l'approvisionnement de la restauration collective des
établissements sous la responsabilité du Conseil départemental

Entre 2014 et 2016, nous avions conduit une expérimentation sur l'augmentation de la part des produits locaux et de saison dans les menus des cantines avec l'aide du CPIE Brenne Berry auprès de 5 collèges (Buzançais, Éguzon-Chantôme/ Valençay, Saint-Benoît-du-Sault et Aigurande). Cette expérimentation nous avait permis de sensibiliser cuisiniers et gestionnaires à ['intérêt économique et environnemental d'une telle approche, réalisable dans le respect des règles de la commande publique.
Elle avait également permis d'identifier des freins à lever tels que la mise en place d'outils de gestion et de suivi adaptés, la formation, le travail en réseau des agents et bien entendu la nécessaire structuration des producteurs.
En 2018, et ce afin de lever un des freins identifiés, le Département a engagé le déploiement dans les 23 collèges disposant d'un service de restauration collective, du logiciel WebGerest qui permet d'assurer la traçabilité des produits alimentaires selon les critères définis par la loi EGALIM, de gérer les stocks et les commandes de denrées, de concevoir des menus dans le respect d'un plan d'équilibre alimentaire, d'éditer des menus, de signaler les allergènes, d'assurer le suivi des quantités de déchets produites et d'éditer différents tableaux de suivi et de synthèse.
Depuis juin 2019, 69 agents des collèges ont ainsi été formés à l'usage de ce logiciel.
Des formations plus approfondies sont organisées afin d'arriver à une utilisation optimum de l'outil qui permettra de produire pour chaque établissement le bilan annuel prévu par la loi EGALIM, bilan qui doit être communiqué aux convives et aux familles.
Par ailleurs, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, prévoit que les opérateurs de la restauration collective mettent en place une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ainsi le Département a  souhaité accompagner trois collèges volontaires dans la mise en ouvre d'une opération de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Une convention 2021-2022 a été signée avec le CPIE Brenne Berry qui  interviendra donc dans les collèges d' Ardentes, La Châtre et Éguzon-Chantôme, afin d'aider à la mise en place d'actions destinées à réduire la quantité de déchets alimentaires évitables.
Nous soulignons également que l'Agence d'Attractivité de l'Indre a été acteur dans l'émergence des circuits courts à destination des particuliers ce qui pourra contribuer à la pérennisation d'agriculteurs, possibles fournisseurs des cuisines des collèges.
Enfin, le Département recrute en juillet 2021 un chargé de mission « bien manger dans les collèges ».
Les circuits de proximité sont un point essentiel de notre programme. Nous intensifierons leur mise en ouvre dans les collèges et voulons développer cette façon plus qualitative et plus responsable de consommer dans les établissements sociaux et médico-sociaux dont nous avons la charge.
Restant à votre écoute/
 
 

Claudine Dejoux et Hugues Fonty, Canton de Châteauroux 2, Ensemble pour l'Indre avec la gauche sociale, écologique et solidaire

 

1.Les enjeux et les défis du XXème siècle relatifs à l'alimentation humaine et animale exige de stopper l'artificialisation des terres cultivables. La préservation des terres nourricières est impérative. Les responsables des collectivités territoriales doivent lutter contre la bétonisation des sols et inscrire cet impératif dans les documents d'urbanisme. Notre politique ira dans ce sens. Concernant les projets de parcs photovoltaïques auxquels vous faites allusion, bien que nous soyons pour le développement rapide des énergies renouvelables, nous ne soutiendrons pas les projets qui consomment des terres cultivables ou impactent négativement la biodiversité. Les panneaux photovoltaïques doivent être installés uniquement sur les toitures des bâtiments, ou de façon limitée sur des zones naturelles et à condition qu'ils ne perturbent pas le fonctionnement des écosystèmes. En revanche nous soutiendrons les projets qui consistent à équiper les toitures des bâtiments publics lorsque leur exposition le permet.

2.C'est la Politique Agricole Commune (PAC*) européenne qui façonne en grande partie le système agricole. Dynamiser et soutenir le développement économique des zones rurales implique d'arrêter les aides proportionnelles à la taille des exploitations ou à l'abondance des cheptels. Cette mécanique encourage l'agrandissement et bloque l'installation, ce qui se traduit par la chute vertigineuse du nombre d'agriculteurs. Dans le système actuel 80 % des aides sont captées par les 20 % des plus grands propriétaires terriens ou par des multinationales. Il faut donc revoir le système des aides directes, qui sont fournies aux agriculteurs indépendamment de ce qu'ils produisent et de la manière dont ils le produisent.

 Le renouvellement des générations passe par l'installation de nouveaux et jeunes agriculteurs sur des exploitations de taille acceptable et viable. En France, en 2018 la population agricole en France représente 4 % de la population totale avec 448 800 agriculteurs et agricultrices. Il serait dangereux pour l'équilibre de la France voir de l'Europe de descendre encore plus bas. Le PSN (Plan Stratégique National) ne doit donc pas favoriser l'agrandissement des exploitations existantes lors des départs à la retraite. Pour cela la PAC* et le PSN français qui en dépend doivent absolument revoir les protocoles d'«attribution » des terres.

3. En raison du changement climatique et de ses conséquences, la gestion de l'eau va être fondamentale au cours des décennies futures. Du point de vue qualitatif, la bonne qualité sanitaire des eaux passe par un abandon par l'agriculture des produits dits « phytosanitaires » qui sont à l'origine de nombreuses pathologies et par des pratiques agricoles moins consommatrices d'engrais chimiques, notamment d'engrais azotés (nitrates) qui sont à l'origine de nombreuses pollutions des cours d'eau et des nappes phréatiques.

Quantitativement, il faut privilégier une agriculture, notamment des cultures, plus économes en eau notamment en période estivale. La mise en place de retenues collinaires est à proscrire et nous nous opposerons à cette « fausse bonne » mesure. En effet, ces retenues perturbent fortement le cycle naturel de l'eau ce qui nuit au bon fonctionnement des écosystèmes naturels et favorise l'évaporation lors de fortes chaleurs.

4. L'approvisionnement de la restauration collective doit privilégier les productions locales et le commerce de proximité. L'approvisionnement doit également assurer une alimentation d'excellente qualité sanitaire et nutritionnelle. Nous soutiendrons les démarches qui impliquent une production issue de l'agriculture biologique ou d'une agriculture respectueuse de l'environnement. La consommation d'aliments ultra-transformés sera évitée car elle peut être à l'origine de plusieurs maladies chroniques (obésité, diabète de type 2, etc..). Nous encouragerons la « végétalisation » des assiettes et la consommation d'aliments naturels.

D'une manière générale, nous privilégierons les mesures qui permettent de passer d'une agriculture intensive ou industrielle à une agriculture plus respectueuse de la nature, de la biodiversité et qui sait tirer profit du fonctionnement des écosystèmes naturels qui fournissent des services écologiques d'une valeur inestimable. Nous soutiendrons une agriculture qui limite les émissions de gaz à effet de serre et lutterons contre les fausses bonnes idées telles que la méthanisation en milieu agricole ou les retenues collinaires.

 

Unis avec les Habitants, Argenton sur Creuse

-Quelles propositions faites-vous pour préserver le foncier agricole de l'artificialisationet de l'accaparement ?
Nous sommes dans un contexte où l'on doit penser à la résilience alimentaire de nos terri toires. La baisse du nombre d'agriculture, la place conséquente d'une agriculture qui n'est pas nourricière, le fait d'être tributaire des flux commerciaux à grande échelle pour s'alimenter, imposent dans le débat la notion de sécurité alimentaire. Il s'agit de prioriser l'usage du foncier agricole pour sa vocation à nourrir les Hommes et privilégier le déploiement du photovoltaïque sur du bâti, une autre manière de valoriser un patrimoine qui dort. La mise en œuvre des PAT à l'échelle locale qui devraient être coordonnés à l'échelon départemental pour plus d'impact pourraient être porteur de cette vision et accompagner les collectivités dans la préservation du foncier agricole à visée d'installation.
-Quelles sont vos propositions pour renouveler les générations agricoles et favoriserles transmissions et les installations sur le territoire ?
Si l'agriculture est en crise, le métier d'agriculteur.trice connait une sévère remise en cause. Malgré la force des lobbies conventionnels, il apparait de manière de plus en plus évidente que ni l'agrandissement, ni le système conventionnel n'apportent de réponses aux maux économiques et sociaux qui pèsent sur la profession. L'alternative avance à pas mesurés, car elle bouscule des schémas techniques et culturels dont la remise en cause est difficile. Il reste à démontrer la pertinence de modèles économiques innovants, qui favorisent la diversification agricole sur des productions alimentaires en circuits courts, sur la prise en compte du rapport au « travail », par le biais d'accompagnements, pour prévenir les phénomènes de burn out, de dépression et/ou d'isolement et contribuer à la pérennité des exploitations agricoles en misant sur son volet humain. Il s'agit d'accompagner les collectivités dans leur rôle d'accueil de candidats à l'installation. La transmission des fermes ne se fera pas sans restructuration des exploitations, à la faveur de modèles plus collectifs et diversifiés, plus résilients en somme. C'est ce type d'initiative qui doit être soutenu par le conseil départemental.Une politique publique de l'alimentation doit permettre d'institutionnaliser le débat sur la question agricole (comme le font les PAT) en mettant autour de la table l'ensemble des personnes concernées par le sujet de l'alimentation et pas uniquement les professionnels du secteur. En tant que responsable des collèges et de l'aide sociale, le département doit s'engager à favoriser l'approvisionnement de ses établissements en produits locaux de qualité. Cela ne se fera pas sans augmenter la dotation des collèges pour les approvisionnements et sans soutenir le développement de l'installation de producteurs en circuits courts et en soutenant l'agriculture biologique ainsi que des outils intermédiaires de transformation et de commercialisation, livraison.
-Quelles sont vos propositions pour la gestion quantitative et qualitative de l'eau ?
Au 1 er chef, il s'agit de se doter d'un Schéma départemental d'alimentation en eau potable exhaustif , pointu dans son analyse et ambitieux dans les modalités à mettre en œuvre pour assurer la performance de notre réseau de l 'amont à l'aval . Le dernier datant de 2008. Le contexte climatique qui pourrait clairement porte r atteinte à notre capacité à pourvoir à nos besoins en eau doit être considéré à la hauteur de sa gravité et la recherche de ressources complémentaires intensifiée. Nous siègerons activement dans les instances de gestion de l'eau afin de contribuer à une répartition adaptée de la ressource entre les différents usages.La protection de la ressource en eau doit être une priorité et la préservation des zones humides en est une composante.Le département a toute légitimité et la responsabilité pour fédérer les acteurs de la question de l'eau sur notre territoire.Veiller à l'application stricte de la loi dans le cadre de la protection des zones de captage ne doit plus être une option.
-Quelles sont vos propositions concernant l'approvisionnement de la restaurationcollective des établissements sous la responsabilité du Conseil Départemental ?

Le département a vocation à coordonner les PAT à l'échelon départemental en soutenant les initiatives qui contribuent à la résilience alimentaire de notre territoire (soutien à une agriculture nourricière qui préserve l'environnement et pourvoyeuse d'emplois).Compte tenu de sa compétence sur l'aide sociale et les publics précaires et fragiles, il doit positionner les questions de l'alimentation et de l'eau comme des enjeux centraux de santé publique.Le s outien aux structures intermédiaires qui favorisent le lien entre producteurs et consommateurs par un service de proximité et de qualité doit devenir systématique comme le font d'autres départements auprès de plateforme logistique

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