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CAMPAGNES SOLIDAIRES


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Le numéro du mois

n° 427 - mai 2026
Editorial
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Editorial

Clairement attentiste

Nous défendons des politiques publiques ambitieuses, cohérentes et respectueuses à notre endroit, contrairement à nos confrères et consœurs de la FNSEA* qui vont jusqu'à remettre en cause le principe de précaution, dont nous sommes, nous paysan.nes, les premier.es garant.es. Heureusement, nos fermes sont des piliers de notre société et dessinent l'avenir des politiques agricoles de demain.

Proposer une loi agricole en urgence révélait déjà, dans son titre, le contenu d'une loi paradoxale et contradictoire, car l'urgence n'est pas notre métier sur nos fermes. Nous nous inscrivons dans un temps long et planifié pour pouvoir évoluer, nous adapter et transmettre.

Mais lorsque le Premier ministre a annoncé que ce projet de loi serait un « cap clair » répondant aux attentes du monde agricole, une brume épaisse est apparue. Ce cap semble surtout être une façon d'occuper l'espace et de passer le printemps. Pourtant, comme d'habitude, nous avons participé aux réunions du ministère et avons fait des propositions, notamment concernant les départements et régions d'outre-mer, où les disparités sont encore plus criantes. Mais non, la réponse à notre mobilisation républicaine et pacifique devant le ministère pour protester contre le Posei (1) s'est soldée par cinquante-deux gardes à vue.

Ce cap clair et urgent a finalement été fixé par Donald Trump, qui a fait flamber les prix du GNR* et des engrais agricoles en bloquant le détroit d'Ormuz. Cette situation démontre une fois de plus le ridicule de ce projet de loi et des objectifs politiciens du gouvernement, qui continue de s'enfoncer dans la concentration et l'agrandissement des fermes, ainsi que dans la spécialisation des territoires, encourageant ainsi la consommation d'énergies fossiles en agriculture. Pourtant, d'ici la fin de l'année, une nouvelle crise se profile, avec une inflation qui pourrait atteindre 5 %. Laisserons-nous les requins de tous poils capter cette inflation ? Quid de ses répercussions sur les cours de ferme ?

L'article sur le revenu a retenu notre attention dans ce projet de loi dit d'urgence : il est pour le moment vide de dispositions cohérentes et coercitives permettant d'assurer une régulation et un revenu suffisants pour nos fermes. Les parlementaires prendront-iels le temps de proposer des amendements pertinents ?

Pour le reste de cette loi d'urgence, l'eau serait la réponse à tous les maux. Ce projet de loi pourrait aborder le partage, le respect et le renforcement des commissions locales de l'eau, ainsi que leur ouverture au pluralisme syndical afin de quantifier et qualifier au mieux les besoins de chaque territoire en fonction de son hydrologie, de ses usages et de ses priorités. Mais non, ce projet de loi propose de laisser le préfet décider de tout, en ignorant les avis des élus locaux, des scientifiques, des sages, des PTGE (1) et des HMUC (2), qui servaient pourtant à contenir l'avidité de certain·es. Ceux et celles qui ne représentent qu'une minorité en faillite, confrontée à la réalité économique du financement des mégabassines.

L'intérêt général demande simplement le respect de la ressource en eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Même en Bretagne, des villes comme Rennes et Nantes s'inquiètent à juste titre de la préservation de la ressource depuis que le président de la République est intervenu pour contrer le vote de la commission locale de l'eau du Sage* Vilaine (3). Car oui, cette loi prévoit aussi que le préfet pourra réduire les zones de captage d'eau à peau de chagrin et y autoriser l'usage de pesticides.

Nous serons donc présents le dimanche 7 juin à Rennes pour manifester notre intention de faire respecter nos droits et notre voix !

Bastien Moysan, secrétaire national


(1)   Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité
(2)   Projet de territoire pour la gestion de l'eau
(3)   Analyses hydrologie, milieux, usages, climat
(4)   Schéma d'aménagement et de gestion des eaux de la Vilaine, cf. p. 16


 

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