Home > Campagnes solidaires > n° 426 - avril 2026
Partager :

CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 426 - avril 2026
Editorial
Sommaire Dossier Archives

Editorial

« Tous nos combats participent à la lutte contre la barbarie »

Au moment de la parution de ce numéro, nous serons à deux semaines de l'assemblée générale de la Confédération paysanne nationale. Cela fera donc un an depuis le congrès de Langres. Un an durant lequel nous avons dû affronter collectivement des crises sanitaires, politiques et économiques. Un an durant lequel nous avons multiplié les mobilisations et les actions, et subi en retour des répressions, comme le démontre le dossier de ce numéro.

Lors du congrès de Langres, dans le rapport d'orientation voté à l'unanimité, après avoir constaté les rapports de force politiques, les mouvements géopolitiques et la montée des inégalités, nous nous étions fixés, entre autres, dans notre feuille de route, de lutter contre l'extrême droite et, pour ce faire, d'être un trait d'union dans les campagnes.

Aujourd'hui, cet enjeu est plus concret que jamais. La vague brune étend son ombre sur l'actualité et les enjeux politiques, comme lors des dernières élections municipales. Les bouleversements géopolitiques et internationaux, et leurs conséquences dans nos vies, exacerbent les peurs et les replis, en concomitance avec la course à la présidentielle qui provoque des comportements politiques décomplexés. Une grande partie de la droite a définitivement quitté l'arc républicain en se rapprochant sans honte des idéologies du Rassemblement National.

La criminalisation des forces de gauche est également le signe d'une dérive d'une partie de l'échiquier politique. Ils piétinent l'intérêt général, s'éloignent de toute ambition humaniste et préfèrent le pire à toute autre alternative pour protéger les intérêts des plus puissants et des plus riches. Nous vivons un moment historique où certains milliardaires accumulent des richesses de façon inédite et obscène. Pour préserver leurs privilèges, ils pèsent de tout leur poids dans les domaines politiques et médiatiques, quitte à faire ressurgir les monstres.Dans ses ouvrages, l'historien du nazisme Johann Chapoutot (1) démontre avec brio à quel point les ressemblances avec les années 1930-1940 sont importantes.

C'est dans ce contexte qu'il nous faut envisager la suite de notre action syndicale. Tous nos engagements, actions et combats s'inscrivent dans un projet humaniste visant à promouvoir le partage, la solidarité et l'équité. Ainsi, tous nos combats participent à la lutte contre la barbarie. Pour autant, avec lucidité, nous devons sans doute nous préparer à de nouvelles formes de lutte, de stratégies et de relations avec les institutions.

La première de ces préparations est sans doute de faire en sorte que militer ne se fasse pas dans la douleur. Être syndicaliste, c'est aussi s'engager pour que notre outil collectif dure et perdure. Pour ce faire, nous devons prendre soin les un·es des autres. Dans un objectif d'éducation populaire, militer, c'est donner, mais aussi recevoir, et si possible dans la joie.

Ainsi, pour anticiper et faire face, il nous a semblé important, voire urgent, lors de notre assemblée générale, de débattre et de réfléchir à plusieurs questions : comment continuer à prendre du plaisir dans nos combats syndicaux malgré la charge mentale, les attaques et les pressions auxquelles nous sommes confrontés ? Comment concilier nos aspirations personnelles et nos obligations collectives ? Comment concilier notre travail sur nos fermes, notre vie de famille et le temps consacré à la Confédération paysanne ? Comment garder la motivation et l'espoir quand nous nous sentons aspirés par des crises qui se succèdent ?

Nous tenterons de trouver collectivement des solutions pour notre réseau et notre collectif, afin qu'ils soient, dans notre diversité, une force nécessaire pour porter notre projet politique d'agriculture paysanne, terreau d'humanité.

 

Stéphane Galais, porte-parole

(1)    Lire l'excellent entretien sur Reporterre : urlr.me/VTXMtw

NOUS CONTACTER Confédération paysanne de l'Indre
02 54 61 62 40 - contact@confederationpaysanne36.fr