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REVENU
27.07.2026

Revenu des paysan·nes : nous avons besoin de régulation !

23.07.2026 -
La Confédération Paysanne de l’Indre alerte sur la situation économique catastrophique des fermes de l’Indre et l’absence totale de réponse de l’Etat pour la très grande majorité des paysan·nes.

Les éleveur·euses sont touchées de plein fouet par des manques cruels de fourrages et vont donc devoir en acheter à l'extérieur à prix forts. Les céréalier·ères font face à des rendements très mauvais et des prix bas, après plusieurs années très difficiles. Les maraîcher·ères rencontrent des baisses de production liées aux fortes chaleurs et doivent décaler de nombreuses plantations qui ne seront pas rattrapables. Les apiculteur·ices auront des récoltes d'été très faibles et devront nourrir leurs abeilles dès l'été. Toutes les productions sont impactées par les conditions climatiques extrêmes que nous vivons cette année, après plusieurs années déjà marquées par des excès d'eau puis des sécheresses et des fortes chaleurs répétées.

Dans ce contexte climatique critique, les seules solutions proposées par l'Etat sont des aides d'urgence pour les engrais azotés et pour ventiler et brumiser les bâtiments d'élevage industriels. Les aides aux engrais ne sont qu'un soutien ponctuel à une agriculture dépendante aux intrants extérieurs qui n'oriente vers pas vers une transition de long terme face à la situation. Quant aux aides aux élevages, elles ne vont toucher qu'une infime partie des éleveur·euses et notamment les plus industrialisés. La majeure partie des paysan·nes reste sans aucune réponse !

Autre solution de l'Etat : une réforme des indemnisations des dégâts dus aux crises climatiques qui a amené à privatiser le système autrefois public. Désormais, ce sont les assurances privées, largement subventionnées par de l'argent public, qui vont indemniser les paysan·nes. Ce système est coûteux et inefficace : il laisse de côté de nombreuses productions non assurables (arboriculture, apiculture, maraîchage), ils abandonnent celles et ceux qui n'ont pas les moyens de s'assurer, il estime mal les pertes de production et calcule donc mal les indemnités. Enfin, le reliquat d'argent initialement dédié aux aides aux conversions en agriculture biologique n'a pas encore été redistribué intégralement et serait réorienté en partie vers des mesures agroenvironnementales et climatiques, mais également vers le financement de ces assurances climatiques inefficaces et inégalitaires. C'est un scandale pour les agriculteur·ices biologiques dont la filière se dégrade et qui devraient bénéficier de ces aides.

Pourtant des solutions politiques simples de long terme existent :

  • réguler les prix des produits agricoles et réguler les volumes de production. Cela a déjà été fait par le passé sur plusieurs filières : le lait et la betterave par exemple. Cela assurerait aux agriculteur·ices d'avoir un réel revenu et leur permettrait de se projeter sur plusieurs années avec stabilité et sécurité ;
  • créer un fonds mutuel et solidaire, public, financé par les paysan·nes, l'Etat et tous les acteurs des filières agricoles (en amont et en aval) pour indemniser les dégâts climatiques de toutes les fermes.

A court terme, des mesures d'urgence sont à prendre au plus vite :

  • La priorisation du fourrage vers les élevages et non pour l'approvisionnement des méthaniseurs ;
  • Des prêts de trésorerie, à taux zéro, fléchés sur l'achat de fourrage pour soutenir tous les éleveur·euses ;
  • La reconnaissance de l'ensemble du territoire en catastrophe naturelle ;
  • Le déploiement rapide de l'indemnité de solidarité nationale (ISN) et la modification des règles pour indemniser correctement l'ensemble des paysan·nes, assuré·es ou non. Pour rappel, seuls 18% des fermes sont couvertes par une assurance récolte ;
  • Mener des expertises de terrain pour constater les pertes réelles pour les prairies et abandonner le système airbus qui ne fonctionne pas bien. 

Premiers touchés par les crises climatiques, premiers impactés par les fluctuations des prix, nous sommes laissés sans soutien par l'Etat. Le moral est au plus bas dans les fermes car il n'y a aucune sécurité climatique et économique, aucune stabilité à moyen terme, aucune anticipation des crises. Cette situation décourage les installations et la relève paysanne nécessaire pour continuer à nous nourrir. Il n'y a pas de fatalisme, mais des choix politiques à faire d'urgence.

Le Comité de la Confédération Paysanne de l'Indre

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