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16.07.2026

Méthaniseur Ozéo : une aberration consommatrice d’eau et de paille en pleine crise fourragère et climatique

16.07.2026 -
La Confédération Paysanne de l’Indre dénonce le projet aberrant de méthaniseur « Ozéo » sur la zone d’Ozans, porté par l’entreprise Lénéo. Ce projet consommerait 100 000 tonnes de paille par an, ce qui représente la récolte d’entre 20 000 et 45 000 hectares (sur les 324 000 hectares de terres arables que comprend l’Indre) ! Il consommerait 100 000m3 d’eau à l’année pour produire du méthane pour fournir 47% de la consommation de Châteauroux : c’est un contre-sens total dans le contexte que nous vivons ! Nous interpellons Châteauroux Métropole et la Chambre d’Agriculture qui soutiennent activement ce projet à contre-courant des enjeux et des urgences !

Une consommation d'eau questionnable

La technologie de la méthanisation nécessite un apport en eau de 100 000m3 par an, dont les trois quarts proviendront d'un forage. Cette consommation vient donc s'ajouter aux besoins déjà existants, dans un contexte tendu : les nouveaux maraîcher·ère·s de l'Indre n'ont par exemple pas de possibilité de faire un forage de plus de 1000m3 par an pour arroser leurs cultures !

Une consommation de paille qui concurrence l'approvisionnement des élevages

Nous sommes en plein crise climatique avec une sécheresse et une canicule jamais vues jusqu'alors. La production d'herbe est à l'arrêt, les fourrages vont manquer cette année pour nourrir les animaux de nos élevages et ceux de nos voisins proches du Limousin. Dans ce contexte, la paille devient une ressource alimentaire de secours irremplaçable.

Ce projet mettrait en concurrence les éleveur·euses et l'alimentation de leurs animaux et l'approvisionnement des méthaniseurs. Il ferait augmenter les prix de la paille, voire priverait de leur approvisionnement de nombreux éleveur·euses locaux et voisins.

C'est déjà le cas des autres méthaniseurs qui consomment des fourrages, des céréales immatures, déclarées parfois abusivement comme cultures ratées, sans que l'Etat n'ait les moyens de contrôler ce qui alimente les méthaniseurs.

Une orientation vers l'énergie-culture plutôt que vers l'alimentation

Ce projet est le symbole extrême du développement de la méthanisation dans l'Indre.

Les méthaniseurs consomment des matières organiques qui pourraient servir à l'alimentation des troupeaux ou à l'alimentation humaine, dans un contexte où nous manquons de fourrages et d'autonomie.

Ils consomment de l'eau qui pourrait être utilisée pour d'autres usages plus prioritaires (eau potable, irrigation de cultures ciblées pour l'alimentation humaine, abreuvement des animaux), dans un contexte de sécheresse record et de restrictions d'usage de l'eau.

Ils utilisent des terres pour produire de l'énergie plutôt que de l'alimentation, dans un contexte où notre souveraineté alimentaire, c'est-à-dire notre capacité à produire notre alimentation nationale localement, n'est pas assurée. Avec le développement de la méthanisation, du photovoltaïque sur terres agricoles et des agrocarburants, on finit par se demander sur quelles terres nous allons pouvoir continuer à produire à manger !

On peut comprendre que des paysan·nes soient attirés par ces productions énergétiques, qui sont des marchés rentables où les prix sont assurés et régulés par l'Etat alors que les cours des produits agricoles sont instables et bas. Il est légitime de vouloir s'en sortir économiquement ! Mais devenir énergiculteur, c'est se tromper de solution d'avenir ! Nous avons besoin de paysan·nes qui continuent à produire localement de l'alimentation de qualité pour les habitant·es autour d'eux. Pour cela, ce sont les prix des aliments et les volumes de production qui doivent être régulés par l'Etat pour assurer un revenu aux paysan·nes ! Ce n'est pas coûteux, c'est juste un choix politique, ça ne demande qu'un peu de courage et de volonté !  

Nous appelons Châteauroux Métropole à renoncer à ce projet qui va impacter de plein fouet le monde agricole déjà fragilisé par de nombreuses crises. Nous appelons la Chambre d'Agriculture à revoir sa copie sur ce projet et à en mesurer pleinement les conséquences pour le secteur. Nous appelons l'Etat à encadrer le développement de la méthanisation et à réguler les prix et volumes des produits agricoles pour garantir un revenu aux paysan·nes et un avenir en tant que producteurs plutôt qu'énergiculteurs !

Le Comité de la Confédération Paysanne de l'Indre

NOUS CONTACTER Confédération paysanne de l'Indre
02 54 61 62 40 - contact@confederationpaysanne36.fr