Lettre ouverte aux pouvoirs publics - L'urgence climatique est là et menace les éleveurs, que faites-vous ?
Le 02/07/2026
A Châteauroux
Lettre ouverte à l'attention de
Mme Maryvonne LE BRIGNONEN
Préfète de l'Indre
M Rik VANDERERVEN
Directeur de la DDT
M Nicolas PAILLOUX
Président de la Chambre d'Agriculture de l'Indre
Madame, Messieurs,
Comme vous le savez, la sécheresse est là, exceptionnelle mais pas inattendue.
La canicule a battu des records de température comme annoncé par les spécialistes du climat. Face à cette situation, les hommes, les animaux et la végétation souffrent.
Nous avons pris la responsabilité de vous alerter le 17 juin dernier pour vous demander de prendre des mesures d'urgence en faveur de l'élevage : interdiction du broyage des pailles, organisation de la logistique pour échanger des fourrages par les services de la Chambre d'Agriculture de l'Indre, interdiction d'alimenter les méthaniseurs par de nouvelles récoltes et autorisation pour les céréaliers de récolter leurs jachères.
Vous nous avez entendu sur ce dernier point et avez relayé hier un appel à la solidarité en incitant sans contraintes à ne pas broyer les pailles.
Si "gouverner, c'est choisir", nous avons l'impression, désagréable, que vous avez choisi l'inaction alors que ces circonstances exceptionnelles appellent des mesures exceptionnelles.
En 2011, vos prédécesseurs avaient choisi : le broyage des pailles avait été interdit.
Dans le département voisin de la Creuse, le broyage de la paille est interdit depuis le 22 juin dernier jusqu'au 31 août.
L'ensemble des représentants des professionnels agricoles du département de la Creuse appellent (comme nous) à la solidarité entre exploitants pour mobiliser tout le potentiel fourrager du territoire mais aussi pour une solidarité de la part des départements limitrophes, dont nous sommes !
Nous aurions aimé que nos institutionnels se saisissent du même élan de solidarité.
Enfin, une nouvelle concurrence pour le monde de l'élevage se met en place sur le département : le développement de la méthanisation.
Celui-ci mal évalué par l'État (qui a choisi de l'encourager) prive nos animaux de fourrages et renchérit leurs prix (que restera-t-il aux éleveurs si le méga projet Ozéo à Ozans voit le jour ?).
Ce secteur d'activité ne sera jamais à la hauteur des services rendus par celui de l'élevage qui génère beaucoup plus d'emplois, nourrit la population et façonne nos paysages.
En espérant que vous ne resterez pas sourd à ce nouvel appel.
Le Comité de la Confédération Paysanne de l'Indre







