Projet de datacenter à Ozans : quels impacts pour l’agriculture ?
Le 20/05/2026
A Châteauroux
Communiqué de presse
La Confédération Paysanne de l'Indre interpelle Châteauroux Métropole et partage son inquiétude quant au projet d'installation d'un datacenter par l'entreprise Tricolore Computing, affiliée à Google, sur 195 hectares de la zone d'activités d'Ozans à Etrechet.
Sur ce projet, aucune information transparente n'est actuellement disponible pour les organisations professionnelles ou les habitant.es, alors que la vente de ces terres à l'entreprise pourrait être actée au mois de juin 2026. Malgré notre questionnement direct auprès de Châteauroux Métropole, nous n'avons obtenu aucun détail sur les impacts agricoles et environnementaux de ce projet.
Or les terres sur lesquelles s'installerait ce projet sont toujours des terres agricoles : cultivées aujourd'hui, en bail auprès de la SAFER et déclarées à la PAC* ! Ce sont encore des terres nourricières qui n'ont pas été artificialisées après les différents projets avortés de la zone d'activités. A l'heure où la souveraineté alimentaire est brandie comme un objectif prioritaire, Châteauroux Métropole n'aurait-elle aucun projet plus ambitieux, plus nourricier, plus territorial pour ces terres qui pourraient alimenter ses élèves, ses ancien.nes, ses habitant.es ?
Le refroidissement de ces gigantesques installations serait susceptible d'augmenter les températures de plusieurs degrés dans un rayon proche ! Le changement climatique n'est-il donc pas une perturbation suffisante pour les paysans et paysannes ? Faut-il y rajouter des projets qui vont accentuer les épisodes de canicule et les effets micro-climatiques qui viennent complexifier le travail, demander une adaptation constante, voire compromettre la production alimentaire ?
Au moment où l'instabilité politique internationale devrait nous orienter vers l'autonomie énergétique et numérique, un tel projet est totalement à contre-courant des enjeux !
Il y a un lien entre ce projet extrêmement énergivore et le développement de panneaux photovoltaïques sur terres agricoles ! Ces projets « agri-voltaïques », constamment soutenus par les représentants des maires, du conseil départemental et de l'administration, sont manipulatoires et l'activité agricole n'y est qu'un prétexte pour faire valider les dossiers. Plus de 2000 hectares sont déjà ainsi autorisés dans l'Indre, 2000 autres sont en cours de traitement. 2000 hectares de terres agricoles qui ne serviront plus à produire de l'alimentation, mais à produire de l'énergie. En parallèle, de plus en plus de cultures dans le département sont destinées à la méthanisation ou à la production d'agrocarburants. On répète aux paysan.nes qu'il n'y a d'autre avenir que de devenir « énergiculteur » ; que sans cela, l'agriculture de l'Indre n'a pas d'avenir : qu'en pensent donc les habitant·es du territoire ? Ont-ils totalement abandonné la vocation nourricière de notre agriculture ? Ne veulent-ils donc plus manger des aliments produits localement par des paysans et paysannes de leurs campagnes, vivant dignement de leur métier ? Les ambitions de relocalisation de l'alimentation, les objectifs de la loi Egalim, les grandes déclarations sur la souveraineté alimentaire ne sont-elles donc que des façades de la part de nos politiques ? Les politiques n'ont-ils donc aucune autre réponse à donner aux paysans et paysannes en difficulté que d'abandonner leur métier pour devenir un agri-énergéticien ?
Nous devons continuer à lutter pour que nos métiers de paysans et paysannes nous permettent de vivre dignement en produisant non pas de l'énergie, mais des aliments pour la population. Nous demandons une information transparente et élargie sur ce projet de datacenter et ses implications : quelles technologiques seront utilisées, quels seront ses impacts agricoles et environnementaux, quelle surface sera artificialisée ?
En attente de ces réponses, il ne saurait être imposé un projet aux antipodes des enjeux actuels et contraires aux intérêts des paysan·nes et des habitant·es de l'Indre !
Le Comité de la Confédération Paysanne de l'Indre







